Qu’est-ce qu’un hôtel Green Globe : certification durable

Maxime

L’article en bref

Green Globe, certification internationale née en 1993, transforme le secteur du tourisme avec 800 membres dans 80 pays.

  • 44 critères d’évaluation et 380 indicateurs alignés sur les Objectifs de Développement Durable de l’ONU
  • Audits annuels rigoureux menés par des organismes indépendants garantissant l’authenticité de l’engagement
  • Quatre piliers majeurs : gestion de la durabilité, impact sociétal, conservation de la biodiversité et gestion des ressources
  • Bénéfices concrets : motivation des équipes, optimisation économique et amélioration de la marque employeur
  • Au-delà de l’hôtellerie : spas, restaurants, parcs d’attractions et destinations entières peuvent être certifiés

En 1992, le Sommet de la Terre de Rio changeait durablement la manière dont l’humanité envisageait son rapport à la planète. Un an plus tard, en 1993, au Royaume-Uni, naissait Green Globe — une certification internationale pensée pour transformer concrètement le secteur du tourisme. Trente ans plus tard, cette démarche compte plus de 800 membres dans plus de 80 pays. Pas mal, pour une idée née d’un sommet onusien.

Qu’est-ce qu’un hôtel Green Globe : comprendre la certification

Je travaille depuis longtemps dans l’univers hôtelier, et je dois vous dire : rares sont les labels qui m’ont autant impressionné par leur rigueur. Qu’est-ce qu’un hôtel Green Globe, concrètement ? C’est un établissement qui a choisi de soumettre l’ensemble de son fonctionnement à une évaluation indépendante, exigeante et annuelle, fondée sur des critères internationaux solides.

La certification s’appuie sur 44 critères d’évaluation, eux-mêmes soutenus par plus de 380 indicateurs de conformité. Ces paramètres s’alignent sur les Buts de Développement Durable des Nations Unies. Green Globe est d’ailleurs membre affilié de l’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies — ce qui lui confère une légitimité rarement égalée dans le secteur.

Le processus ne s’arrête pas à une élémentaire candidature. Chaque établissement passe un audit rigoureux mené par des auditeurs indépendants, puis doit renouveler son engagement chaque année. En France, deux organismes assurent ce rôle : François-Tourisme-Consultants (FTC Consulting) et Mirabelle. FTC Consulting accompagne les acteurs du tourisme depuis plus de trente ans et a conduit plus de 615 audits Green Globe en France et à l’international, en plusieurs langues.

Les quatre piliers de la démarche

La certification structure son évaluation autour de quatre axes majeurs :

  1. Gestion de la durabilité — stratégies écologiques, réduction des émissions de gaz à effet de serre
  2. Impact sociétal — soutien aux communautés locales, emploi de proximité, pratiques de bien-être au travail
  3. Conservation de la biodiversité — protection des écosystèmes et du patrimoine naturel
  4. Gestion des ressources — maîtrise de la consommation d’énergie, d’eau et des déchets

Un label qui dépasse largement l’hôtellerie

Beaucoup pensent que Green Globe ne concerne que les hôtels. Erreur. La certification s’adresse aussi aux spas, restaurants, centres de conférences, tour-opérateurs et destinations touristiques entières. Le German Convention Bureau est ainsi devenu la première destination de tourisme d’affaires durable certifiée en Europe. En France, Le PAL SAS, parc d’attractions et animalier, arbore fièrement ce label. Le Grand Parc Puy du Fou est en cours de certification — preuve que la démarche touche des structures très diverses.

Comment se distinguent les membres dans le temps ?

Green Globe distingue les établissements selon leur ancienneté dans la démarche. Le tableau ci-dessous résume les deux niveaux de reconnaissance :

Niveau Durée de certification consécutive Exemple d’établissement
Membre Platine 10 années consécutives Hôtel Martinez Cannes, Hôtel Monte-Carlo Beach, Bucuti Beach Resort (Aruba)
Membre Or 5 années consécutives Club Med Rio Das Pedras (Brésil), Hyatt Place et Radisson Blu — Taghazout Bay (Maroc)

Les bénéfices concrets d’une certification hôtelière durable

La première fois qu’un directeur d’hôtel m’a parlé de Green Globe, il m’a confié quelque chose d’inattendu : le bénéfice qu’il avait le plus ressenti, ce n’était pas la baisse des factures d’énergie — c’était la motivation de ses équipes. Et c’est tout à fait cohérent avec ce que l’on observe sur le terrain.

L’effet fédérateur auprès des collaborateurs est souvent le premier résultat cité par les établissements certifiés. Un projet porteur de sens réduit le turn-over, améliore la marque employeur et rend l’établissement plus attractif pour les nouveaux talents. Dans un secteur où le recrutement reste difficile, c’est un avantage non négligeable.

Sur le plan économique, l’optimisation des ressources génère des économies mesurables sur les postes énergie, eau et gestion des déchets. Ces économies augmentent la rentabilité globale. Parallèlement, de nombreuses agences de voyages en ligne récompensent les établissements éco-responsables avec des badges dédiés et des positions privilégiées dans les résultats de recherche — ce qui influe directement sur les réservations.

Pour les clients, séjourner dans un hôtel certifié développement durable prend un sens différent. On contribue à préserver la destination visitée. L’hôtel du Christopher, à Saint-Barthélemy, illustre bien cette approche : il travaille avec le chef Christopher Coutanceau et des pêcheurs locaux, s’engage dans la protection des récifs coralliens et investit dans des technologies respectueuses de l’environnement. C’est du tourisme de luxe qui assume pleinement sa responsabilité territoriale.

En France, les établissements labellisés couvrent un spectre très large. On y trouve des palaces parisiens comme l’Hôtel de Crillon, l’Hôtel Lutetia ou l’Hôtel Du Cap Eden-Roc, mais aussi des hôtels de villes comme l’Hôtel de la Cité, l’InterContinental Carlton Cannes ou le Palais de la Méditerranée. Sans oublier dix villages labellisés, dont Chamonix-Mont-Blanc, Val d’Isère, Tignes Val Claret ou La Palmyre Atlantique.

Ce que je trouve remarquable, c’est la cohérence du dispositif : la certification Green Globe n’est pas un label de façade. C’est un engagement annuel, audité, mesuré, qui pousse chaque établissement à s’améliorer réellement. L’Agenda 21, qui l’a inspirée, visait exactement cela — convertir les bonnes intentions en actions vérifiables. Trente ans plus tard, le pari semble tenu — et les voyageurs, eux, y gagnent aussi.

Sources : wiki hôtel continentalwiki des hôtels et bâtiments

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