Relais et châteaux : définition et caractéristiques

Maxime

L’article en bref

L’article en bref

Fondée en 1954 en Provence, cette association regroupe 580 établissements indépendants d’exception partageant des valeurs communes d’authenticité et d’hospitalité.

  • Une communauté unique : 580 hôtels et restaurants dans 65 à 70 pays, refusant l’uniformisation des chaînes standardisées.
  • Cinq valeurs fondamentales : âme de l’aubergiste, goût du lieu, célébration des sens, amitié durable et art de vivre.
  • Sélection rigoureuse : critères des « 5 C » (Caractère, Charme, Calme, Courtoisie, Cuisine) basés sur une inspection humaine.
  • Excellence gastronomique : 323 étoiles Michelin cumulées, avec 160 chefs engagés dans une cuisine de terroir authentique.
  • Engagement durable : Manifeste UNESCO en 2014 articulé autour de vingt engagements pour préserver cultures et hospitalité.

Fondée en 1954 par Marcel et Nelly Tilloy, un couple d’artistes de music-hall reconvertis en aubergistes en Provence, l’association que l’on connaît aujourd’hui sous son nom actuel depuis 1975 incarne une certaine idée de l’hospitalité française. Ce n’est pas une chaîne hôtelière ordinaire. Chaque adresse a son histoire, son caractère, sa façon singulière d’accueillir. Je couvre ce secteur depuis des années, et je peux vous dire que rien ne ressemble vraiment à ce que propose cette collection d’établissements exceptionnels.

Un hôtel Relais & Châteaux : définition et origines

Pour comprendre ce qu’est un hôtel Relais & Châteaux, il faut remonter à l’après-guerre. En 1954, huit établissements situés sur la Route nationale 7 entre Paris et Nice décident de s’associer sous le slogan « la Route du Bonheur ». Parmi eux, l’Auberge des Templiers, l’Hostellerie du Chapeau Rouge à Dijon ou encore le Château de Meyrargues. Ces pionniers avaient un point commun : refuser l’uniformisation et miser sur l’authenticité.

Le nom Relais & Châteaux naît en 1975, sous la présidence de Joseph Olivereau. Il résulte de la fusion des « Relais de campagne » et des « Relais gourmands » avec les « Châteaux-hôtels ». Cette même année, le graphiste Rémy Peignot crée une nouvelle identité visuelle. Le logo actuel, lui, date de 1984 : il mêle une fleur de lys et un papillon, symboles de liberté et de découverte.

Aujourd’hui, l’association regroupe 580 hôtels et restaurants indépendants répartis dans 65 à 70 pays, sur les cinq continents. Ce n’est pas une chaîne standardisée. C’est une communauté de maisons qui partagent des valeurs, tout en restant profondément individuelles. En juillet 2026, dix nouvelles propriétés ont encore rejoint l’association, en France, en Angleterre, au Japon, au Mexique et aux États-Unis, preuve que le modèle continue d’attirer.

L’association ne s’est pas non plus épargnée les turbulences. Entre 1997 et 2008, des surfacturations liées à l’impression du guide annuel ont été révélées. Le 7 juillet 2015, le Tribunal correctionnel de Strasbourg a reconnu coupable l’ancien président Régis Bulot, à la tête de l’association de 1987 à 2005, ainsi que six autres personnes. Régis Bulot a été condamné solidairement à verser plus de 2 millions d’euros à l’association. Un épisode que le secteur n’a pas oublié, et qui a renforcé les exigences de gouvernance interne.

Les valeurs qui définissent ces établissements d’exception

L’association repose sur cinq valeurs fondamentales que j’ai entendues défendre avec conviction par des maîtres de maison lors de mes visites :

  1. L’âme de l’aubergiste : un accueil chaleureux, humain, jamais protocolaire.
  2. Le goût du lieu : chaque propriété reflète son territoire, son patrimoine, ses producteurs.
  3. La célébration des sens : gastronomie, décor, nature… tout est pensé pour émouvoir.
  4. Le passeport de l’amitié : une relation durable entre les hôtes et les maisons.
  5. L’éveil à l’art de vivre : transmettre une culture, une façon d’habiter le monde.

Ces valeurs ne sont pas des mots creux. En novembre 2014, l’association a présenté un Manifeste à l’UNESCO, articulé autour de vingt engagements : préservation des cuisines et des cultures d’accueil, partage de la passion du beau, action pour un monde plus humain. C’est l’un des rares acteurs du tourisme de luxe à avoir formalisé un tel engagement auprès d’une institution internationale.

Les critères de sélection : les fameux « 5 C »

Comment intègre-t-on cette collection ? L’admission repose sur les cinq critères fondamentaux, appelés les « 5 C » : Caractère, Charme, Calme, Courtoisie et Cuisine. Pas de check-list bureaucratique. Une inspection humaine, sensible, qui évalue si la maison a cette qualité d’atmosphère que les mots peinent à saisir.

Beaucoup de ces propriétés sont familiales, transmises de génération en génération. Elles valorisent les artisans locaux, les recettes traditionnelles, les matières premières du terroir. C’est précisément ce qui les distingue des grandes chaînes internationales : ici, on ne vend pas une chambre, on partage un lieu de vie.

La gastronomie et les destinations : deux piliers indispensables

Parler d’un hôtel de cette collection sans évoquer sa cuisine, ce serait passer à côté de l’essentiel. Les 525 établissements membres cumulent 323 étoiles au guide Michelin, portées par plus de 160 chefs engagés. Des noms comme Pierre Troisgros, Dominique Loiseau, Marc Meneau ou Alexandre Gauthier ont contribué à bâtir cette réputation gastronomique.

Prenons quelques exemples concrets. Le Baumanière Les Baux de Provence, avec ses 53 clés et ses cinq dépendances, abrite le restaurant L’Oustau de Baumanière, triplement étoilé sous la direction du chef Glenn Viel. Sa cave compte 50 000 références, dont des bouteilles plus que centenaires. Le Château Lafaurie Peyraguey, lui, propose 13 chambres et suites, avec un restaurant doublement étoilé conduit par Jérôme Schilling.

Établissement Capacité Distinction
Baumanière Les Baux de Provence 53 clés 3 étoiles Michelin
Château Lafaurie Peyraguey 13 chambres 2 étoiles Michelin
Cap Antibes Beach Hotel 35 clés (30 à 66 m²) 1 étoile Michelin (restaurant Les Pêcheurs)
Jiva Hill Resort 44 chambres sur 45 ha Parc naturel du Haut-Jura
Domaine des Hautes-Roches 14 clés dont 12 cellules monastiques (35 à 55 m²) Manoir XVIIIe siècle

Au-delà des tables étoilées, l’association propose 154 itinéraires baptisés Routes du Bonheur, pour trouver le monde à travers plus de 150 destinations. De l’Andalousie aux Dolomites, de la Toscane au littoral de l’île de Vancouver, chaque séjour se construit comme un voyage sur mesure. Pour les séjours incluant les repas, je vous conseille de consulter notre guide sur la demi-pension : définition et fonctionnement complet, une formule très souvent proposée dans ces établissements.

Comment réserver et accéder à ces maisons d’exception

Depuis 1995, l’association dispose d’un site Internet et d’une centrale de réservation. Des spécialistes accompagnent les clients dans leurs choix. Un compte personnel permet un accueil sur mesure dès l’arrivée, en tenant compte des préférences exprimées lors de séjours précédents. Des chèques invitations, créés en 1989, permettent aussi d’offrir ces expériences en cadeau. La première campagne de communication mondiale remonte à 2008, sous la direction de Philippe Gombert, à la tête de l’association depuis 2013.

Je me souviens avoir offert un tel coffret à ma mère pour ses 70 ans. Elle m’a rappelé trois jours après son séjour au Domaine des Hautes-Roches, encore émue d’avoir dormi dans une ancienne cellule monastique donnant sur la Loire. Ce genre de souvenir, aucune chaîne standardisée ne peut le fabriquer.


Sources : wiki des hôtels et bâtiments

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